jeudi 18 mars 2010

French Connection

Oui je sais, plus ça va, plus mes titres d'articles deviennent étranges. Mais comme d'habitude, je vais expliquer.

Pendant cette semaine à Hamilton a lieu l'Indigo Festival. En fait, pour nos amis teubreux, c'est un Global Village, mais avec plein de petites animations et d'évènements, sur une semaine. Pour les non-teubreux, il s'agit d'un festival culturel, qui a pour but de présenter les cultures des habitants de la région d'Hamilton. Et étant donné le nombre de nationalités différentes présentes à Hamilton, ça fait un paquet de cultures différentes. Bon, n'ayant appris l'existence de ce festival qu'il y a quelques jours, je n'ai pas pu aller à beaucoup d'évènements (dont la grande parade au centre-ville...). Mais je me rattraperai dimanche, avec une grande cérémonie dans les Jardins.

Mais alors, pourquoi ce titre ? Parce que chaque soir de la semaine, un film est diffusé par la communauté d'origine du film. Donc il y avait un film de Bollywood, un film coréen, un film espagnol etc. et...un film français ! Je sais, c'est très moyen pour découvrir la culture étrangère mais que voulez-vous, je me suis laissé envahir par un petit brin de nostalgie ! Vous pouvez donc vous rassurez : je ne tente pas de vendre de la drogue à l'étranger (contrairement aux membres de la French Connection) !

Le film était "Le diner de cons". Je dois avouer : ça fait quand même bizarre de voir un film français en VOST (Version Originale Sous Titrée) !

En tout cas, la soiré était sympa, j'ai parlé à pas mal de monde (plus en anglais qu'en français d'ailleurs, mais aussi en franglais avec une canadienne du New Brunswick !) et j'ai pu manger du saucisson et du vrai fromage qui pue sur une tranche de vrai pain ! Je sais, ça parait idiot comme ça, mais ça me manquait (pas fichu de faire du bon pain en NZ) !

Donc, il est possible que je les revois pendant le semestre, puisqu'ils proposent quelques activités (surtout que, comme ils m'ont expliqué, ils ont beaucoup de néo-zélandais, donc ils sont toujours heureux d'avoir des français !), même si je sais qu'il y a mieux pour améliorer mon anglais...

Et de un !

En fait, ce titre veut juste dire que j'ai enfin "fini" le premier des quatre projets de mécatronique. Par "fini", j'entends que je dois rendre un rapport là-dessus pour demain. Quoi qu'il en soit voilà, en exclusivité mondiale, la photo de la bête qui m'a causé tant de tracas pendant ces 3 premières semaines :


En fait, c'est un circuit "tout bête" : un bouton, une DEL (Diode Électro-Luminescente pour les non-initiés : une diode qui fait de la lumière), des transistors, des résistances, des condensateurs, deux transducteurs à ultrasons, un potentiomètre et une jolie puce (et deux-trois autres composants) !

Voulez-vous en savoir plus ? Lors de ce projet, nous devions réaliser un détecteur à ultrasons. En gros, vous le placez face à un mur ou vous l'orientez vers le sol, et si quelqu'un passe, la diode clignote à 5Hz. Sinon, elle clignote pendant 50ms chaque seconde. Mais pour cela, il a fallu "apprendre" le C et apprendre le "fonctionnement" de la puce. Mais maintenant, c'est fini ! Il faut que je commence le deuxième projet, qui sera encore plus bourrin...

Ah, et j'ai du ré-apprendre à utiliser un fer à souder. Ça doit bien faire depuis la 4ème que je n'en ai pas utilisé (ah, les cours de techno au collège, c'était quand même marrant).

mardi 16 mars 2010

30 millions d'amis

Comme vous vous en doutez, voilà le fameux article sur une partie de la faune locale. Donc Rémy et Julie, cet article vous est dédicacé puisque vous vouliez les voir ! Même si j'imagine que d'autres les attendaient aussi.

En préambule, sachez une chose : à la base, il n'existe aucun mammifère endémique en la Nouvelle-Zélande. Et pas vraiment de bêtes dangereuses (il n'existe que 2 espèces endémiques d'araignée, dont une très venimeuse, mais qui ne vivrait que dans les arbres morts). Alors, un point de vocabulaire : une espèce endémique est une espèce qui s'est développée en un lieu particulier dans le monde. Par exemple : le kiwi en NZ, le lynx ibérique dans la péninsule du même nom etc. En fait, les premiers mammifères ont été importés par les maoris (il s'agissait d'un rat et d'un chien polynésiens : le chien a disparu il y a près de 100 ans), ensuite, les pakeha (les européens) ont amené les leurs, et certains assez inutiles (les oppossums par exemple... que les néo-zélandais essayent d'exterminer, donc vous êtes pratiquement invité à acheter de la fourrure d'opossum néo-zélandais !).

Comme vous l'avez compris, ici, tout est plus ou moins endémique (80% des espèces). Cela vient du fait que la Nouvelle-Zélande s'est détachée il y a longtemps du Gondwana. Mais voyons un peu quelques animaux du coin.

Tout d'abord, je me dois de parler de la cicada. En fait, dès que vous passez près d'un arbre, vous entendez des crissements très puissants, donc impossible de passer à côté ! Mais cet animal n'est pas très endémique, puisqu'il s'agit...d'un cigale !


Pour l'instant, je n'ai pas encore rencontré de weta, ni d'autres insectes du coin. Donc si j'en trouve, vous pourrez les voir. Mais pour l'instant, ma visite de Rainbow Springs à Rotorua, et du Zoo d'Hamilton m'a plutôt permis de découvrir quelques oiseaux et reptiles. Bon, vous avez tous vu l'emblème du pays, donc pas besoin de le remettre ici. Enfin, sauf si vous le demandez très fort !

Mais commençons par les reptiles. Et voilà un cousin des dinosaures, le très vieux Sphenodon, de son petit nom, Tuatara. Son espèce a près de 200 millions d'années.


Maintenant, voilà les geckos (vous savez, les lézards qui peuvent s'accrocher pratiquement n'importe où grâce à leur nano-velcro naturel). J'ai pu voir deux espèces :

Le gecko des forêts (de son petit nom Hoplodactylus granulatus : oui, je sais, ça ne fait pas rêver tout d'un coup... Et désolé, l'image est un peu floue)


Ici, une autre espèce, le gecko vert d'Auckland (Naultinus elegans). Donc, je lance un jeu facile : mais où est le gecko ?


Passons à une autre famille des lézards : le scinque (ce nom ne fait pas vraiment rêver). A Rainbow Springs, je n'ai pu voir qu'une seule espèce, le scinque de Three Kings Islands (un groupe d'îles juste au nord de la Nouvelle-Zélande).


Je pense que sa queue est en train de repousser, car elle n'est pas censée être comme ça.

Faisons un tour (rapide) par les poissons natifs. Le seul que j'ai pu voir est le kokopu géant :


Il en existe d'autres, mais je ne les ai pas vu pour l'instant... Qui sait, j'arriverai peut-être à en voir !

En fait, un seul mammifère est important en NZ (à part le mouton) parce qu'il est rare et que personne n'est capable de dire exactement d'où il vient. En effet, le kunekune est apparu sur l'île au début des années 1800. Et il a été rapidement "adopté" par les maoris. Petite particularité, on dirait qu'il a une barbichette qui pendouille de chaque côté de sa bouche.


Mais, passons aux plus importants en NZ : les zozios. La NZ possède un nombre impressionnant d'oiseaux (pas de mammifères jusque vers l'an mil, ça aide à se développer). Commençons par le morepork (ruru en maori, Ninox novaeseelandiae pour le nom complet). Ici, elle dormait (rien de plus normal pour une sorte de chouette). Les éléments grisâtres gênants sont les fils de fers de la cage.


Mais continuons avec nos oiseaux, et revenons en plein jour. Et pour Rémy, qui critiquait mes canards pas du tout endémiques (enfin, probablement), voilà le on-ne-peut-pas-plus-endémique tadorne de paradis, putangitangi en maori. Ils ont une particularité : ils sont très bruyants, et font un bruit différent de celui des canards "classiques" (colvert).



Ensuite, le weka qui se balade tranquillement parmi la végétation.


Même s'il est disparu, je me dois d'évoquer le moa. Cet oiseau (géant !) ressemble à une grande autruche. C'est d'ailleurs un lointain cousin. Comme l'autruche, le dodo ou le kiwi, il était incapable de voler. Étant donné sa taille (la statue est à taille réelle, d'ailleurs le rocher à ses pieds symbolise un œuf de moa), sa viande était très prisée des maoris, qui l'exterminèrent, comme nous l'avons fait avec le dodo à la Réunion.


Mais revenons-en aux espèces encore existantes.

Alors, voilà le fameux Tui. C'est probablement l'oiseau le plus bruyant de tout le pays. Et il chante en émettant d'étranges notes (en cliquant sur le lien, vous pourrez écouter un enregistrement de l'oiseau, même si c'est plus impressionnant en vrai !).


Ensuite, les perruches à tête rouge (ou kakariki en maori, mais c'est le nom de l'ensemble des perruches en NZ). Là, il venait juste de se baigner, c'est pour cela qu'il était tout ébouriffé.


Après séchage :


Bon, et si vous pensez être débarrassé des pigeons en venant ici, vous vous tromperiez grandement ! En effet, la NZ possède un pigeon endémique : le Kereru.


Bon, je pense que nous sommes tous d'accord : ils sont quand même plus beaux que les nôtres de pigeons ! Finissons par deux perroquets. Premièrement, le nestor Superbe (ou kaka en maori, ce qui veut tout simplement dire perroquet). Comme beaucoup d'oiseaux en NZ, ils sont en danger, à cause des opossums et de la déforestation.



Mais finissons par mon favori : le kea (ou Nestor Kéa) . C'est un des emblèmes du pays. En fait, ce perroquet (le seul perroquet vivant en montagne) est extrêmement curieux et farceur. Et il a une tendance à détruire tout ce qui lui vient en travers du bec. En gros, il veut tout gouter, mais si ça ne lui plait pas, il jette ! Donc il peut facilement arracher les joints d'une voiture parce que ça ne lui plaît pas ! Et son nom maori vient uniquement de son cri : kéééé-aaa !



Et oui, vous avez déjà vu le kéa de la deuxième photo : c'est Jenny le kéa ! Bon, là elle boude, mais regardez, elle peut être gentille :


Voilà tout le monde, c'est tout pour l'instant. Mais, si jamais je vois de nouveaux animaux, promis, je vous les présenterai !

samedi 13 mars 2010

Le pays des merveilles ?

Aujourd'hui, ce fut un samedi peu dynamique : j'ai décidé, après qu'on m'ait annoncé qu'il risquait de pleuvoir, de rester dans les environs. Et cela m'a permis de voir enfin le lac d'Hamilton, de son petit nom Rotoroa. En maori, roto veut dire lac, tout simplement. Voilà pourquoi le nom ressemble à Rotorua (qui avait également un lac je vous le rappelle).


Bon, ne vous attendez pas à des merveilles, cela reste un "petit" lac, assez joli, mais assez vide autour. En effet, à part quelques arbres par-ci par-là, rien de bien spécial : juste du gazon. Un petit parc a été aménagé à proximité, mais pas au bord. Donc c'est assez dommage. Menfin, le lac est néanmoins joli, la promenade autour doit être sympa à faire et on peut y faire du pédalo.



Ah, et il est habité par de nombreux canards et pas mal de pukeko. Ils ont l'air de nidifier dans les roseaux que vous avez pu voir dans la photo précédente. Cette espèce n'est pas endémique, puisqu'on peut la trouver en Australie et en Tasmanie.


Mais pour une fois, ce n'est pas le pédalo qui a amené la pluie, puisque je n'en ai pas utilisé. En fait, depuis hier, le temps a pas mal changé : la température a baissé de 5°C, il fait énormément de vent, froid qui plus est, et le ciel a une tendance à devenir très vite gris. En gros, me revoilà en Bretagne en été ! Donc, voyant les nuages gris foncés arriver rapidement jusqu'à couvrir tout le ciel, je m'en suis retourné au centre-ville. Le cinéma restant la meilleure occupation possible pendant les jours de pluie, j'y suis allé pour la première fois depuis mon départ. En tant qu'ancien prez' Vidéoclub, ça me manquait.

Mais parlons donc un peu du cinéma en NZ.

Autant les néo-zélandais sont gentils, mais au cinéma, ils sont insupportables. Comme en France, vous pouvez consommer pendant le film (d'ailleurs, quand on ne demande qu'une place, sans boisson ni pop-corn avec, on vous regarde assez bizarrement à la caisse !) mais là c'est démesuré : il y a une poubelle à l'entrée de la salle (je veux dire DANS la salle, pas loin de la porte)... Donc voilà le problème : vous avez une horde de gens qui grignotent leur pop-corn, et quelques uns qui se lèvent même pendant le film pour aller jeter leur paquet vide à la poubelle ou pour aller aux toilettes/téléphoner etc.

Néanmoins, le film était bien. Je suis allé voir Alice aux pays des merveilles. Ceux qui l'ont vu me comprendront (oh ! Quel dommage, il n'est pas encore sorti en France ! Je sais, c'est vil, mais je voulais faire râler ceux, et plus particulièrement celle (elle se reconnaîtra), qui attendent ce film avec impatience !) : ce n'est pas son meilleur film, mais il est pas mal. Il manque juste de folie (ce qui reste un comble pour un film de Tim Burton tiré de deux livres de Lewis Caroll) !

Voilà, donc après une journée à être pratiquement resté à l'abri, j'espère qu'il fera beau demain !

vendredi 12 mars 2010

Les fous du volant

Quoi de mieux que ce dessin animé mythique comme titre pour un article sur la circulation en Nouvelle-Zélande ? En effet, il me fallait parler de la circulation ici, puisqu'elle est totalement différente, et pas seulement pour les véhicules (qu'ils aient deux, quatre roues ou plus).

Comme vous le savez probablement tous, la Nouvelle-Zélande fait encore partie du Commonwealth, ce qui implique qu'elle garde des petits souvenirs de sa perfide ancienne mère patrie. Dont la conduite à gauche... Et oui, ils conduisent à gauche, avec priorité à...droite ! A la limite, ce n'est pas si idiot que ça : le volant étant à droite, on voit bien ce qu'il se passe à notre droite. Et leurs panneaux de circulation sont assez fabuleux. A part les bons vieux classiques STOP, "Cédez le passage" et sens interdit (même s'ils ne sont pas exactement comme en France, et je ne parle pas de la langue), leurs autres panneaux sont tous jaunes (et oranges fluos lors des travaux).


Vous remarquerez sur cette photo la conséquence de la circulation à gauche : les ronds-points sont dans l'autre sens, relativement à notre sens franchouillard.



Mais la principale attraction de cette circulation reste la traversée des passages piétons. En effet, ici les passages cloutés ne se trouvent qu'à proximité des écoles. Ailleurs, nous avons le doit à de simples traits, montrant la présence d'un passage. Mais là n'est pas la chose étrange...


Contrairement à la France où les piétons ont la priorité, ici, les voitures font la loi. Pour être précis, un feu vert pour les piétons ne s'allumera que si quelqu'un en a fait la demande... Mais pas forcément rapidement ! Et oui, les fameux boutons permettant de demander le feu piéton servent en NZ ! Ils ne sont pas là simplement pour faire jolis, contrairement à 98% de ceux que l'on peut trouver en France. Si vous n'appuyez pas dessus, jamais vous ne passerez (à moins que quelqu'un le fasse pour vous) !
Et ces feux ont une autre particularité : le temps d'attente au feu est inversement proportionnel au carré du temps de traversée. En fait, il faut attendre qu'un cycle de circulation ait été réalisé pour que les piétons aient le droit de traverser : d'abord les voitures qui traversent votre voie, celles qui tournent à gauche, celles qui tournent à droite (de chaque côté de la voie) et normalement après, il y a une chance pour que vous puissiez traverser ! Donc si vous appuyez juste après le moment où ça aurait pu être votre tour, vous devez vous farcir une longue attente... Très longue !

Pour résumer : vous attendez en moyenne une minute au feu, et vous avez en moyenne 10 secondes pour traverser, faute de quoi vous mourrez écrasé par une voiture ! Et pour indiquer que le moment tant attendu est enfin arrivé, vous avez droit à un magnifique bruit, ressemblant un peu à celui d'un pistolet laser ! A cet instant, c'est la course. Le coup de pistolet déclenchant la course (même si ce n'est que de la marche rapide).


Dans Auckland, vous avez une légère différence : certains grands carrefours vous indiquent le temps qu'il vous reste !


Et comme vous pouvez le voir, le feu piéton est rouge. Il ne reste vert que pendant 5 secondes (à peine), et clignote rouge pendant le temps qu'il reste avant de passer instantanément au vert pour les voitures.

samedi 6 mars 2010

Ruuuuuuuuuuuuuuuuuuuuby !

Et oui, comme le disent les toulousains, je suis enfin aller voir mon premier match de ruuuby (wé, je sais, ce serait plus convaincant avec l'accent !)

Tout d'abord, laissez moi vous raconter le contexte. J'allais manger, et là je rencontre des gens avec qui j'avais bien sympathisé. Je les vois courir dans tous les sens dans une chambre, et l'une d'entre eux me dit : "Je vais voir le match. Tu veux venir ?". Donc j'ai lâché ma poêle et ma casserole, direction le stade d'Hamilton. Bon, en fait, la fille qui allait voir le match est allemande, et donc nous sommes allé rejoindre un groupe d'allemand. Cela aura son importance plus tard, vous verrez !

Le match était un match de championnat (du Super 14), qui opposait les Chiefs (d'Hamilton) aux Queensland Reds (des australiens, donc les ennemis du pays). Les Chiefs étaient 3ème, les Reds vers la 10ème place.

Ah, pour ceux qui ne sont pas du tout au courant de ce qu'est le Super 14, il s'agit d'un championnat regroupant les 5 meilleures équipes de Nouvelle-Zélande, les 5 meilleures équipes d'Afrique du Sud, et les 4 meilleures équipes d'Australie (l'année prochaine, le championnat deviendra le Super 15, en ajoutant une équipe australienne).

Le coup d'envoi était à 19h35. Nous sommes arrivés à 19h40. Rien de bien dramatique. Les allemands avaient pris les places les moins chères (15 $, soit 8 €), mais forcément, c'étaient les places les plus pourries : face au poteau, sans siège, mais avec l'écran en face (par contre, le score et le temps était affichés... sur un écran se trouvant de notre côté...). Mais passons ces détails ! Par contre, ça se sent que c'était l'évènement du jour, voire du mois. Bien que les sièges ne soient pas tous remplis, la zone où nous nous trouvions était pleine à craquer. En fait, c'était le premier match à domicile de la saison pour les Chiefs. Donc, une bonne partie de la ville était venue voir le match.

Bon, le temps d'acheter ma place et de rentrer, nous avions bien raté 8 minutes de match. En fait, en arrivant, nous avons vu le deuxième essai des Chiefs. Ça s'annonçait bien pour eux, en 8 minutes, ils menaient déjà 15 à 0. A la mi-temps, score assez posé de 18-7 alors que les Reds jouaient depuis à peu près 6 minutes à 14. Tout s'annonçait bien !

Mais la deuxième mi-temps fut un carnage. Les Reds ont donné une leçon de rugby aux Chiefs. Résultat des courses : 18-23 pour les Reds... Donc première défaite de la saison, première à domicile, ça fait mal.

Mais parlons un peu des spectateurs. Puisque la vente de bière est autorisée dans le stade (d'ailleurs, tu repères de loin le stand...), il y a forcément des gens bien saouls qui crient toutes les 20 secondes...pour rien ! Et des bouteilles volent de temps à autre...mais elles sont en plastique ! Ils ont prévu leur coup ! Ah, et vers la fin du match, un loustic a fait rire les gens en passant les "barrières" de sécurité et en courant sur le terrain. Il a rapidement été agrippé par 2 vigiles...

Bon, par contre, il y a eu deux choses compliquées pour moi lors de ce match : la langue, et les allemands. Parce que c'est bien beau de connaître le nom des actions en français, mais pour expliquer aux allemands ce qu'il se passe, et ce en anglais, c'est difficile ! Et oui, comme l'a résumé un local lorsqu'il a appris nos nationalités :"Donc lui [en me pointant du doigt] connaît le rugby, mais pas vous [les allemands] !" Le rugby n'étant pas du tout populaire en Allemagne, les allemands n'ont rien compris à ce qu'il se passait pendant les 80 minutes du match...

Et après, nous sommes allé dans un bar où, chaque soir, un groupe différent joue. Donc c'est vraiment sympa. Mais cette soirée m'a permis de confirmer le fait que le monde est minuscule. En effet, les allemands m'ont fait rencontrer Pierre, qui est né à la Tronche... Pour les non-initiés, La Tronche est la ville dans laquelle se situe...le CHU de Grenoble ! Ah, et on a été dans la même prépa, à un an d'intervalle, mais pas dans le même filière (il était en BCPST : prépa bio) ! Voilà, le monde est vraiment petit !!!

Rotorua : dimanche

Me revoilà pour la suite de mon week-end à Rotorua. Comme vous avez été patient, voilà plus en détail les geysers que l'on peut voir de ma fenêtre.





Autour de ces extraordinaires œuvres de la nature se trouvent deux oeuvres de l'Homme. En effet, dans la zone du lac de Rotorua se trouvaient 4 tribus de Maoris. Pour eux, le volcanisme était dû à un ancêtre. Donc pas étonnant de trouver des reconstitutions de villages maoris un peu partout, et principalement à côté des zones volcaniques. Ayant prévu autre chose, je décide de ne jeter qu'un coup d'œil à l'un des "musées" maoris à proximité des geysers (et à 5 minutes à pied de l'hôtel).



Bon, n'ayant pas de ticket, je n'ai pas vraiment pu prendre plus de photos de l'entrée, un vigile m'ayant demandé de partir (son patron était dans les parages...).

Mais j'avais décidé de visiter la ville et le musée, donc je reviendrai plus tard visiter ça. Bon, direction le musée de Rotorua. En fait, ce dernier est situé dans un magnifique jardin, Government Gardens, construit à peu près à la même époque que le musée par un certain Malfroy, chevalier de la légion d'honneur (oui, il était français).




Le tout date de la fin du XIXème siècle, et était l'une des principales attractions de la Nouvelle-Zélande. En fait, Rotorua était LA station thermale à la mode dans l'hémisphère Sud. Donc le musée était auparavant...la maison des bains de la ville ! Elle est entourée de nombreux autres anciens (et un moderne) vieilles bâtisses : les bains bleus, le spa polynésien etc.



Mais regardons le musée de plus près.


Euh, j'ai dit plus près :


Comme vous pouvez peut-être le remarquer, le musée est en travaux. En fait, ils continuent de construire le bâtiment, pour qu'il ressemble à ce qui avait été prévu au départ. La maison des bains, en 2005 (avant les travaux), ne possédait pas son extension extrême dans l'aile nord (à gauche), donc ressemblait à l'aile sud (à droite), avec en plus le toit surélevé et sa plateforme, mais sans les 4 tourelles actuelles (qui avaient été retirées dans les années 1930). Après avoir augmenté l'aile nord, ils vont faire de même dans l'aile sud, de manière à rendre le bâtiment symétrique.

Mais rentrons dans le musée. Désolé mais il y aura peu de photos, il est interdit d'en prendre dans de nombreuses galeries. Cela est dû à la présence de nombreux trésors ou photographies de maoris, et par respect pour leurs ancêtres, on ne doit pas prendre de photos. Donc pour plus de détails, et voir plus de photo, cliquez ici. L'intérieur du bâtiment est du même style que l'extérieur, c'est à dire de style élisabéthain.




Alors le musée possède plusieurs zones à voir. J'ai commencé par un film (les sièges bougeaient, on se serait cru au cinémas dynamiques du Futuroscope) racontant quelques histoires locales : l'arrivée du volcanisme à Rotorua, et l'éruption du mont Tarawera en 1886.

Le volcanisme serait apparu lors de l'arrivée des maoris. Le grand chef de la tribu qui explora la région (les Te Arawa) rencontra un grand sorcier qui voulait tuer tous ses hommes. Le chef ayant lui-aussi des pouvoirs, il réussit à l'envoyer dans les tréfonds de la Terre, après avoir fendu la terre. Mais, les explorateurs durent affronter le froid de la montagne. Gelé, presque mort, il convoqua ses ancêtres, qui amenèrent le feu et la chaleur à la région de Rotorua. L'éruption de Tarawera a été quant à elle l'évènement le plus marquant de la région. La zone était connue pour une merveille de la nature : Les "Pink and White Terraces", considérées comme la 8ème merveille du monde. Les européens découvrirent les terrasses, qui devinrent rapidement un lieu hautement toursitique, et un moyen pour les maoris de gagner de l'argent. En effet, ils monnayaient le droit d'entrée, et faisaient d'autres animations... Mais l'argent ne leur amena que des calamités : maladies, alcoolisme etc. Vers le 1er juin 1886, 10 jours avant l'éruption, des présages commencèrent à se présenter aux guides et aux touristes : une pirogue fantôme navigua sur le lac autour des terrasses, et un vieux tohunga (prêtre maori) prédit un grand désastre. Et le 10 juin 1886, vers minuit, l'éruption débuta. Elle fut d'une rare violence : les trois sommets du mont entrèrent en éruption, des coulées pyroclastiques ensevelirent des villages entiers, une brêche de plusieurs kilomètres s'ouvrit au niveau du volcan (encore visible). mais le pire fut la réaction en chaîne qui s'est créée : le magma se mélangea au système hydrothermal sous le lac Rotomahana (juste au bord du mont, là où se trouvaient les terrasses), et cela fit littéralement exploser le lit du lac. Les Terrasses furent définitivement détruites à 3h20 du matin. 153 personnes moururent et les tribus maoris voisines furent à jamais déracinées (les os de leurs ancêtres furent ensevelis à jamais), voire décimées.

Ensuite, j'ai visité ce pourquoi le bâtiment a été construit : les bains soufrés et alcalins. Deux sources (Priest, aux eaux sulfurisés non acides, et Rachel, aux eaux alcalines sulfurées) alimentaient les bains. Cela donna à Rotorua son renom en tant que station thermale car, selon le Ministère du tourisme néo-zélandais, les eaux "redonnaient l'usage de leurs jambes aux infirmes et rendaient la santé aux malades" !


La maison fut ouverte en 1908, et ferma ses portes en 1966 pour cause de non-rentabilité et d'insalubrité. En effet, les frais d'entretien étaient faramineux : les salles ne sont pas assez aérées, donc les vapeurs d'acide sulfurique des bains corrodaient inexorablement la tuyauterie, attaquaient la charpente etc. Les murs étaient noirs à cause des peintures oxydées, et les vapeurs rendaient l'éclairage inadapté. Les bains de boue initialement prévus ne virent finalement jamais le jour à cause de cela.

Après cette visite, direction la plateforme sur le toit. Après un passage à travers les charpentes, et une vue sur les tuyaux d'aération de l'époque, on a une belle vue d'ensemble de l'aile nord et de la ville.



Ah, sur l'un des côtés, une des fameuses tourelles qui ont été remises lors des travaux d'agrandissement.


Après cela, découverte du 28ème bataillon maori, qui combattit en Europe et en Afrique pendant la Seconde Guerre Mondiale, dès 1940. Ils allèrent en Crête, en Grèce, en Egypte, en Tunisie et en Italie. Ils participèrent entre autre à la bataille du Monte Cassino, et à El-Alamein. Ils mirent une énergie folle au combat, où ils furent plus de 2500 dans ce bataillon. Près de 600 ne revinrent jamais... Rommel aurait dit à Hitler, alors que ce dernier lui demandait ce dont il avait besoin pour gagner la bataille en Afrique : "Donnez moi un bataillon de maoris, et je gagne cette guerre !". Ensuite, un film présentait leur histoire, avec témoignage d'anciens combattants.

Pour finir, j'ai vu l'exposition sur le peuple Te Arawa, et leurs taonga (trésors). On peut y découvrir l'histoire de ce peuple, qui souffrit des guerres tribales (notamment de la Guerre du mousquet) et de l'éruption du mont Tarawera. Et nous pouvons donc voir les trésors de ce peuple, des armes, aux statues, en passant par des éléments de charpente et un canot. Cette exposition était vraiment splendide.

Mais je n'ai pas visité que le musée lors de cette journée. Le musée est proche du lac, donc j'ai fait un petit tour pour rejoindre une autre partie de la ville, très pittoresque. Dure la vie, l'hiver, le froid :


En fait, de l'autre côté de la ville, se situe l'endroit le plus étrange de la ville, puisqu'il y a d'un côté l'église St Faith et juste en face, sur le parvis, la maison commune des Te Arawa : le Tamatekapua. Ce nom est celui du capitaine de la pirogue dont descend la tribu Te Arawa.



Le parvis est donc assez surprenant, avec des éléments maoris d'un côté, et des éléments chrétiens de l'autre, même si l'église fait très maorie. Mais voyons un peu plus les éléments du côté purement maori :


Après avoir aperçu une groupe de français prenant des photos du bâtiment, j'ai décidé de me prendre au jeu des photos devant.





Et là, les éléments de l'église. Deux choses surprenantes avec cette église : photos interdites à l'intérieur, et il faut enlever ses chaussures. Cette église est aussi surprenante puisqu'à l'intérieur, les bancs sont sculptés de façon maori, les murs sont tapissés de nattes murales (les Tukutuku) et le pupitre est gravé. Je précise, les photos ont toutes été prises de l'extérieur ! Ah, et détail intéressant, à l'intérieur, on peut voir une vitre gravée avec Jésus vêtu d'un korowai (le manteau de chef maori) marchant sur le lac en fond.




Autour de ce complexe hétéroclite, on peut voir des choses également intéressantes :




Mais même en ville, on peut trouver des choses assez peu conventionnelles, comme cette barque de plus de 25m de long :



Mais mon voyage touche à sa fin. Après un passage dans Kuirau Park, où se trouvent de nombreuses traces d'activité volcanique, je suis reparti à Hamilton par le bus, des étoiles pleins les yeux...


 
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